Ariane –
Ariane

La perte d’ autonomie , souvent associée à des troubles cognitifs et psychomoteurs , enferme l’individu et change son rapport au monde . Au sein des structures , les sentiments d’abandon et de déracinement sont bien présents et très souvent responsables d’états dépressifs . Associé à la perte de sensations d’un corps vieillissant, cela peut aboutir à une véritable perte identitaire.
Ainsi, la danse peut apparaitre comme art du corps en mouvement.
Ritualisée, codifiée, instinctive…de la plus archaïque et improvisée, à la plus codifiée par la bienséance, la danse est une constante dans l’histoire du monde.
Depuis l’aube de l’humanité, elle implique l’individu et le groupe, par le rythme, le mouvement, l’espace et le partage, dans son comportement total.
Activité physique de par sa définition prise au premier degré, la danse engage le mouvement, mais au-delà du mouvement dans ses caractéristiques physiques, le danseur engage son être et son individualité ; il investit le temps, l’espace, y emploie son énergie, son imaginaire, sa relation à soi, à l’autre.
La danse c’est aussi un langage, langage universel, langage gestuel ; elle s’inscrit ainsi comme un véritable mode d’expression. A travers le corps et le langage physique, la danse crée une relation puissante avec les mondes de l’émotion et de l’esprit, transcendant la parole. Véritable langage social et génératrice de lien, la danse tend à fondre les individus isolés en un seul être, ému et animé par un même sentiment.
Le mouvement dansé est donc teinté d’une coloration personnelle inscrite dans un temps, un espace, que le danseur donne à voir, lui conférant alors une valeur expressive, et relationnelle, une sorte de manière d’être au monde.
Danser pour permettre, se permettre, danser pour dire, ou se dire, danser pour se vivre (autrement), danser pour être.
La photographie, elle, est outil de médiation corporelle.
Dans notre société moderne, l’image du corps ne cesse d’être exposée. Chaque jour, nous sommes en proie à une multitude d’images affichant des corps sans pudeur, glorieux, puissants, conventionnels et souvent dépourvus d’identité. Dans notre rapport à l’image, une véritable sociologie se donne à voir. Avec cette vision où triomphe uniquement le corps performant, nous pouvons nous demander : quelle place reste-t-il à la vulnérabilité, au corps fragilisé, limité et souffrant ?
En réponse à ce questionnement, nous voyons l’acte photographique comme un outil de médiation. En allant à la rencontre de ces corps oubliés et vulnérables, nous souhaitons retrouver l’identité. La photographie, ou plus généralement l’image, nous semble intéressante car elle permet d’aller au-delà des mots, de voyager et de faire émerger des choses que les mots n’arrivent pas toujours à exprimer.
Nous voulons faire découvrir la photographie comme la captation d’une situation lumineuse à un instant donné. Il s’agit, avant toute chose, de la résultante d’une interaction entre deux sujets, le photographe et le sujet photographié. Il est question, à travers et grâce à la photographie, de reconstruire une image de soi et d’approfondir notre manière de percevoir et de représenter l’autre.

